Intérieur voix

Derrière la voix off

Chroniques, textes, pièces audio. Une voix hors commande.

Ma vie ne se résume pas à une définition professionnelle. La voix non plus.

Derrière la comédienne voix off, il y a ce qui déborde du brief : des textes, des chroniques, des pièces audio, parfois intimes, parfois caustiques. J’y écris comme je parle, sans format imposé et sans chercher à faire entrer chaque chose dans une case.

Et si ça éclabousse un peu, tant mieux.
Si ça dérange, vous entendrez probablement mon sourire.

Anima

Ce qui donne Vie

« Anima » — latin : vie, souffle.

Au-delà d’une tessiture, d’un son qu’on trouve plus ou moins joli, agréable à l’oreille ou interpellant, il y a autre chose. Une énergie mise dans les mots — et une énergie reçue.

Quelque chose de presque vibratoire, qui ne tient ni à la physiologie ni à l’aptitude technique.

Une voix sans âme ? C’est le rouge micro allumé sur une pièce vide. L’écho du vide.

Quand ce que je dis et ce que je porte sont en accord, les mots partent de bien plus loin que les cordes vocales. Ils prennent appui dans la conviction, dans la sincérité, parfois dans une forme de foi en ce qu’ils disent.

À l’inverse, quand cet accord n’existe pas, quelque chose se dilue. On peut articuler parfaitement, respirer au bon endroit, poser la bonne intention — ça ne vibre pas pareil.

C’est peut-être là, au fond, que se joue la différence entre lire un texte et le vivre.

Et puis il y a le Vivant.

Le Vivant — V majuscule — n’entre pas dans une cellule de tableur.

Il y a des mots que je peux défendre, d’autres non. Des sujets qui appellent une adhésion réelle, et d’autres qui heurtent trop directement ce que je tiens pour juste pour que je puisse simplement les « interpréter ».

Certains messages ne se monnayent pas. Certaines causes exigent davantage qu’un devis.

Quand je m’accorde, ce n’est pas pour « sonner ». C’est pour faire naître ce qui compte.

C’est intérieur.

Chroniques audio

Ironie, lucidité, petits théâtres humains.

Des textes que j’écris, puis que je dis. Des observations, des agacements, parfois un sourire de travers. Rien n’est commandé ici : ni le sujet, ni le ton, ni la durée.

Les gens… Petite anthropologie

Expression magique pour parler de tout le monde sans parler de soi. On s’y réfugie pour justifier, juger, prévoir — et souvent pour se dédouaner. Ironique, oui. Cynique, non. On s’inclut dans le lot. En fond, une vraie question : comment on fait, ensemble, sans se raconter d’histoires ?

0:00 − —

Rien à cacher !… Vraiment ?

Aujourd’hui dans les cases. Et demain ?

0:00 − —

Prière païenne et caustique

Petite invocation au dieu de la Voiture Électrique.

0:00 − —
Pièces plus intimes

Là où ça serre davantage.

Certains textes partent de plus près. Du Vivant, de l’attachement, de la peur, de l’impuissance aussi. Là, je ne cherche plus vraiment à interpréter : j’essaie simplement de rester au plus près de ce qui a déclenché les mots.

Je suis Kahu : veiller, aimer, sans bruit

Pas de grand discours. Juste la trace d’un attachement profond au Vivant. Veiller sans posséder. Protéger sans bruit. Je suis Kahu.

0:00 − —

Elle est morte. Mon impuissance. Vos leçons.

Elle est morte. Je n’ai pas su la sauver. Depuis, on m’explique ce qu’il fallait faire. Des plans parfaits, après. Moi, j’avais la peur, la sueur, l’attente. Eux ont des théories. On ne juge pas ce qu’on n’a pas tenu au creux de soi.

0:00 − —
One Voice Awards USA — Dallas 2024

Le numéro que vous avez demandé

Une pièce personnelle, écrite et interprétée hors commande. Elle m’a valu une nomination aux One Voice Awards USA 2024, catégorie internationale — hors USA et Canada — Best International Overall Voiceover Performance. Une sortie de boucle. Le décrochage du petit avion de manège qui part voler solo.

Le numéro que vous avez demandé
Pièce audio · 02:37
0:00 − —
Version écrite

Ça y est, tu le sais.
Au sens propre comme au figuré : tu viens d’ouvrir les yeux.

T’as pas encore hiérarchisé toute ta pensée, mais tout est là : tu vois maintenant sans filtre les signaux étouffés de ses creuses promesses… Excuses bancales et autres mots qui te piétinaient le cœur.

Tu te sens comme un chien de garde.
Maintenue.
Toujours à bonne distance.

Comme attachée à la niche avec une chaîne assez longue pour garder le jardin, mais trop courte pour passer la porte du foyer. Foyer duquel on te jette de temps en temps un os à ronger, les reliefs de repas dont finalement d’autres se bâfrent.

Docile, tu continues de nourrir un espoir enfantin d’attention, de câlin. Un appel de lui… C’est comme attraper la queue du Mickey à la fête foraine. T’es au bout d’une perche. Tels les petits avions de manège.

Mais ça y est : l’heure est venue. Tu te déboulonnes du bras mécanique et sans affect qui te cloue au sol et te fait tourner en rond. Toujours autour de lui.

Mets les gaz ! Tire le manche. Tu es le pilote de ta vie.

Débarque les poids trop lourds, ceux qui te clouent au sol, ou t’imposent leur feuille de route.

Exit celui qui te gardait sous le coude, comme ça, par praticité. Il ne rompra pas. Jamais. Manquerait plus de passer pour le méchant de l’histoire.

Il n’est pas ton copilote. Le bon montera sûrement à la prochaine escale. Ou à la suivante.

En attendant — Le numéro que vous avez demandé… n’est plus attribué.