Intérieur voix
Chroniques, textes, pièces audio. Une voix hors commande.
À l'instar de chacun, ma vie ne se résume pas à une définition professionnelle.
Ici, vous entrez dans ma dimension personnelle : libre, sans format, sans barrière. Écrite, parfois, comme je parle.
Tant pis si ça éclabousse. Et si ça dérange, vous allez percevoir mon sourire de satisfaction.
« Anima » — lat. « vie, souffle »
Au-delà d'une tessiture, d'un son qu'on trouve plus ou moins joli, agréable à l'oreille, interpellant, il y a dans la Voix une présence qui dépasse la physiologie ou l'aptitude technique.
Une voix sans âme ? C'est le « rouge micro » allumé sur une pièce vide. L'écho du vide.
Ce qui m'anime se situe hors marchandage : sans calcul ni leurre, avec sincérité, et cette conviction : ce qui passe par là n'est pas un produit comme les autres.
C'est une vibration qui sourd dans le corps avant d'éclore dans le micro.
Parfois, les cordes défaillent : hydratation, fatigue, forcing. Ce sont les raisons techniques. Mais il arrive aussi qu'elles défaillent parce que ce qu'on dit est trop près. Que ce n'est plus un rôle. On est dans la peau. Et parfois, le corps ne veut pas et se défend.
Le Vivant — V majuscule — n'entre pas dans une cellule de tableur.
Certains messages ne se monnayent pas. Certaines causes exigent davantage qu'un devis.
Quand je m'accorde, ce n'est pas pour « sonner ». C'est pour faire naître ce qui compte.
La bonne prise peut être la deuxième, la troisième, l'énième. Celle où l'émotion, en colère, explose à sa façon dans le micro. Et parfois c'est un accouchement. Douloureux, déchirant.
C'est intérieur.
Là où ça serre davantage.
Je suis Kahu.
Le numéro que vous avez demandé
Sélectionné aux One Voice Awards USA — Dallas 2024, catégorie Best International Overall Voiceover Performance. Une pièce personnelle. Une sortie de boucle. Le décrochage du petit avion de manège qui part voler solo.
Ça y est, tu le sais. Au sens propre comme au figuré : tu viens d’ouvrir les yeux.
T’as pas encore hiérarchisé toute ta pensée, mais tout est là : tu vois maintenant sans filtre les signaux étouffés de ses creuses promesses… Excuses bancales et autres mots qui te piétinaient le cœur.
Tu te sens comme un chien de garde. Maintenue. Toujours à bonne distance.
Comme attachée à la niche avec une chaîne assez longue pour garder le jardin, mais trop courte pour passer la porte du foyer. Foyer duquel on te jette de temps en temps un os à ronger, les reliefs de repas dont finalement d’autres se bâfrent.
Docile, tu continues de nourrir un espoir enfantin d’attention, de câlin. Un appel de lui… C’est comme attraper la queue du Mickey à la fête foraine. T’es au bout d’une perche. Tels les petits avions de manège.
Mais ça y est : l’heure est venue. Tu te déboulonnes du bras mécanique et sans affect qui te cloue au sol et te fait tourner en rond. Toujours autour de lui.
Mets les gaz ! Tire le manche. Tu es le pilote de ta vie.
Débarque les poids trop lourds, ceux qui te clouent au sol, ou t’imposent leur feuille de route.
Exit celui qui te gardait sous le coude, comme ça, par praticité. Il ne rompra pas. Jamais. Manquerait plus de passer pour le méchant de l’histoire.
Il n’est pas ton copilote. Le bon montera sûrement à la prochaine escale. Ou à la suivante.
En attendant — Le numéro que vous avez demandé… n’est plus attribué.
